Présentation

Ces journées s’inscrivent dans un contexte d’attention renouvelée pour la question environnementale à l’heure de crises socio-écologiques conjuguées (climat, biodiversité, eau-énergie-alimentation…).  Il s’agit de contribuer à prendre la mesure de ces crises (échelles, intensités, rythmes…), d’appréhender les nouveaux collectifs qu’elles suscitent ainsi que la capacité de ceux-ci à s’adapter à des situations d’effondrement.

Les sciences humaines et sociales de l’environnement ont un rôle majeur à jouer pour étudier les relations renouvelées entre humains et non-humains dans le contexte de ces changements socio-environnementaux globaux. En revisitant un certain nombre de catégories héritées (nature / culture, scientifique / profane…), elles peuvent mettre en avant les transformations culturelles, politiques, institutionnelles, éthiques et esthétiques porteuses pour de nouveaux chemins de transitions socio-écologiques.

L’environnement constitue dès lors moins un nouveau ‘secteur’ ou ‘spécialité’ pour les sciences humaines et sociales qu’un ensemble de sites où s’opèrent des recompositions épistémiques et politiques, sources de questionnements et de nouvelles postures transversales. Ces évolutions interviennent dans des domaines aussi variés que l’histoire environnementale, l’anthropologie de l’environnement, la philosophie de l’environnement, la sociologie de l’environnement, la political ecology, la géographie non représentationnelle, le droit de l’environnement, l’écocritique. 

Ces évolutions contribuent à l’émergence d’un champ nouveau, dit des Humanités Environnementales, qui constitue une opportunité pour accroître les échanges entre ces domaines et faire émerger de nouveaux agendas de recherche. Ces agendas, dans leur diversité, partagent notamment un intérêt à comprendre non plus en quoi l’humain se distingue du ‘reste du monde’, mais bien plutôt en quoi il s’y relie..

Ces travaux se retrouvent autour de préoccupations majeures, quant :

• à l’attention portée aux interrelations entre les milieux de vie ; à leur capacité à dépasser le postulat de l’exceptionnalité humaine pour étudier ce qui lie l’humain à des communautés multispécifiques, et comment ces liens contribuent à produire l’existence sociale - y compris et de plus en plus dans les sociétés les plus occidentalisées et urbanisées ; 

• à l’attention portée aux interrelations entre les strates terrestres (sous-sol, sol, air, atmosphère…) et à la façon dont l’activité humaine les modifie, ainsi qu’à la façon dont les strates et leur dynamisme propre informent et conditionnent les communautés socio-écologiques et leurs activités ; aux nouvelles figures et aux nouvelles politiques de la Terre que ces interrelations suscitent ;

• à la capacité des SHS à renouveler leurs modalités d’enquête pour suivre la manière dont des collectifs sont affectés par les crises socio-écologiques ; à leur capacité à hybrider le langage scientifique avec d’autres langages (filmique, corporel, théâtral, sonore, etc.) et d’autres formes de savoirs afin d’intégrer les dimensions relationnelles, affectives et sensibles inhérentes à ces situations de trouble ;

• à la capacité des SHS à se doter de posture de sciences engagées, à faire émerger de nouveaux « publics » autour des enjeux socio-écologiques contemporains, et à fédérer une communauté des sciences sociales de l’environnement qui réponde, avec les autres sciences de l’environnement, aux défis environnementaux et écologiques contemporains ;Ces Journées Humanités Environnementales visent à prendre la mesure d’un potentiel de recherche et de collaboration sur six thématiques : l’effondrement, les politiques de la terre, les relations humains – animaux, les matérialités, les passeurs d’humanités, l’écoféminisme.

 

Objectifs

reformuler la question environnementale (dépasser le paradigme du « développement durable ») dans le sens d’une ouverture à une diversité de traditions intellectuelles, de pratiques, de collectifs sociaux et d’imaginaires ;

contribuer à la structuration des Humanités Environnementales en croisant des traditions intellectuelles et approches aujourd’hui dispersées (l’effondrement, les politiques de la terre, les relations humains – animaux, les matérialités, les passeurs d’humanités, l’écoféminisme) ;

prendre la mesure d’un potentiel de recherche et de collaboration interdisciplinaire, prioritairement en région Auvergne-Rhône–Alpes, sans exclure la participation de chercheur.e.s d’autres centres universitaires ;

contribuer à l’écriture d’éléments d’agenda partagés pour informer la dynamique du pôle Pôle Sciences Sociales (axe 3) et susciter un « effet levier » pour de futures actions de recherche (projets, conférences)

 

 

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